Se former dans les écoles de traduction en Belgique : parcours universitaires et enjeux du métier

février 22, 2017
Diplômé d'une des écoles de traduction en Belgique

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Une formation solide pour un métier en pleine mutation

Quelles formations existent en Belgique pour les futurs traducteurs ? Vous n’êtes pas sans savoir que cette profession ne s’improvise pas. Elle exige un apprentissage rigoureux, une maîtrise de plusieurs langues et, de plus en plus, une capacité à travailler avec les outils d’intelligence artificielle qui transforment le secteur.

Les écoles de traduction en Belgique forment chaque année des centaines de professionnels dont l’expertise est reconnue bien au-delà de nos frontières.

Les outils de traduction automatique évoluent vite, c’est vrai, et ils modifient la nature même du métier.

Mais justement : les traducteurs d’aujourd’hui doivent être capables de réviser et d’affiner les résultats de ces technologies, tout en se spécialisant dans des domaines où l’expertise humaine reste irremplaçable.

Malgré ces évolutions, une formation universitaire demeure le socle indispensable. Elle offre une compréhension approfondie des nuances linguistiques, des contextes culturels et des enjeux de la communication interculturelle que l’IA ne peut remplacer.

Un cursus de 5 ans, du bachelier au master

En Fédération Wallonie-Bruxelles, les études de traduction et d’interprétation ont été progressivement transférées vers les universités, notamment en vertu du décret du 7 novembre 2013 définissant le paysage de l’enseignement supérieur.

Le parcours se déroule désormais en 5 ans : un bachelier de 3 ans suivi d’un master de 2 ans. Les masters en traduction et en interprétation sont organisés au sein des universités.

Nous avons dressé pour vous une liste des principales universités de Belgique où la traduction est enseignée, classées par région.

Carte des universités de traduction en Belgique

Écoles de traduction à Bruxelles

Université Saint-Louis Bruxelles – Faculté de traduction et interprétation Marie Haps

C’est au cœur du quartier européen que l’Institut Libre Marie Haps forme chaque année de futurs traducteurs et interprètes. La réputation d’excellence de cet établissement en fait une école de choix pour tous les étudiants qui souhaitent se lancer dans la profession.

En 2015, le bachelier en traduction et interprétation est devenu une formation de l’Université Saint-Louis, bien que les cours soient toujours assurés dans les locaux de Marie Haps.

Le master, quant à lui, est proposé par l’Université catholique de Louvain (UCLouvain), sur le site de Louvain-la-Neuve.

La formation intègre des modules sur les technologies de la traduction et les outils de TAO (traduction assistée par ordinateur) tels que SDL Trados et MemoQ, préparant les étudiants aux évolutions du métier.

École de traduction et interprétation ISTI – Cooremans (ULB)

L’ISTI, intégré à l’Université libre de Bruxelles depuis 2015, propose un cursus complet en traduction et interprétation dans pas moins de 19 langues. Outre les langues européennes classiques, les étudiants peuvent choisir des langues comme le chinois, l’arabe, l’hébreu ou le persan.

Le programme comprend des cours de traduction audiovisuelle, notamment en sous-titrage et en post-édition, répondant ainsi aux besoins actuels du marché.

Vertaalkunde – Erasmushogeschool Brussel (EhB)

Cette institution de la Communauté flamande, affiliée à la Vrije Universiteit Brussel (VUB), propose un cursus pour les étudiants néerlandophones souhaitant se spécialiser dans la traduction.

Le programme met l’accent sur la localisation, notamment pour les jeux vidéo et les applications numériques, un secteur en pleine expansion.

Formations en traduction en Flandre

Vakgroep Vertalen, Tolken en Communicatie – Universiteit Gent

L’Université de Gand, considérée comme la meilleure université belge par le classement de Shanghai, propose un cursus reconnu en traduction. Le programme inclut des modules avancés en traduction audiovisuelle, couvrant le sous-titrage et les nouvelles technologies de traduction assistée par ordinateur.

Centre for Translation Studies (CETRA) – KU Leuven

Autre pilier du système universitaire belge, la Katholieke Universiteit Leuven fait partie des quelques universités européennes à proposer le master européen en interprétation de conférence.

Les formations incluent des cours de linguistique appliquée avec une orientation vers la post-édition et la localisation.

Toegepaste taalkunde – Universiteit Antwerpen

Dans la ville d’Anvers, l’Université d’Anvers propose un bachelier en linguistique appliquée sur trois ans. L’étudiant suit des cours principalement en néerlandais et choisit deux langues supplémentaires parmi le français, l’anglais, l’espagnol, l’allemand, le chinois ou l’italien.

Il est ensuite possible d’effectuer un master d’un an, en traduction ou en interprétation, concentré sur les procédés traductifs vers le néerlandais. Le programme aborde la traduction numérique, la localisation de contenu multimédia et propose des cours de doublage. Un séjour Erasmus+ dans un pays où une des langues étudiées est parlée est prévu dans le cursus.

Écoles de traduction en Wallonie

Traduction et interprétation – Université de Liège (ULiège)

L’Université de Liège dispense ses cours de traduction principalement dans les bâtiments L5 de la rue de Pitteurs, ainsi que place du XX Août pour certains cours de bachelier.

Durant les trois premières années, les cours sont variés : traduction, langues, initiation à l’interprétation, mais aussi droit, économie, arts et histoire.

La formation intègre progressivement des modules sur les outils de TAO et la révision, compétences essentielles dans le contexte actuel de la profession. Les étudiants choisissent ensuite entre un master en traduction ou un master en interprétation. Le master propose des cours spécialisés en sous-titrage et en doublage.

En traduction, le séjour Erasmus+ est obligatoire en troisième année : une expérience unique pour se spécialiser dans une de ses langues et s’immerger dans la culture locale. Un bon moyen de devenir expert en localisation.

École d’interprètes internationaux – Université de Mons (FTI-EII)

La FTI-EII de Mons jouit d’une excellente réputation dans les milieux de la traduction et de l’interprétation. L’école propose comme premières langues l’anglais, l’allemand, le néerlandais, l’italien et l’espagnol, mais aussi l’arabe, le russe, le chinois et le danois.

Au-delà de l’apprentissage linguistique, la formation offre des cours d’histoire, de droit et d’économie qui enrichissent le bagage intellectuel des futurs traducteurs. Le cursus intègre également des modules sur la localisation de contenus numériques et le sous-titrage.

Particularité de cette université : une initiation à une troisième langue étrangère est obligatoire en troisième année, parmi le grec, le japonais, le polonais, le norvégien, le suédois ou le catalan.

Louvain School of Translation and Interpreting – UCLouvain, Louvain-la-Neuve

Attention à ne pas confondre l’UCLouvain et la KU Leuven : ces deux entités sont parfaitement indépendantes. Contrairement à la KU Leuven, l’UCLouvain se trouve en Wallonie et propose un enseignement en français.

Depuis 2015, l’UCLouvain organise deux masters en traduction et interprétation. Le bachelier est dispensé à Bruxelles, dans les locaux de Marie Haps. Depuis 2018, les masters comprennent également la langue des signes de Belgique francophone, comme à Liège.

La formation propose des cours de traduction audiovisuelle, de sous-titrage, de localisation de contenus multimédias et des modules sur la révision et le copywriting adapté aux différentes cultures.

Spécialisations et formations complémentaires

L’agrégation pour enseigner les langues

L’agrégation de l’enseignement secondaire supérieur (AESS) est une formation d’un an qui permet aux diplômés en traduction de devenir enseignants.

Elle comprend des cours de pédagogie, de psychologie de l’adolescent et de didactique des langues, et se conclut par des stages pratiques en milieu scolaire.

De nombreux traducteurs choisissent cette voie pour combiner activité de traduction et enseignement des langues étrangères.

L’AESS est proposée par l’Université de Liège, l’ULB, l’UCLouvain et l’UMons.

Devenir traducteur juré en Belgique

Le traducteur juré (ou traducteur assermenté) est un professionnel habilité à traduire des documents officiels ayant une valeur légale : actes de naissance, diplômes, jugements, contrats.

Pour obtenir ce statut, il faut être titulaire d’un master en traduction, puis suivre une formation en connaissances juridiques reconnue par le SPF Justice.

Plusieurs universités belges proposent cette formation de 48 heures (10 crédits ECTS) : l’ULB (ISTI), l’Université de Liège, l’UCLouvain et l’UMons. Elle couvre le système juridique belge, l’organisation judiciaire, la déontologie et les aspects pratiques de la traduction jurée.

Après avoir réussi cette formation et rempli les conditions requises (âge minimum de 21 ans, résidence dans l’UE, casier judiciaire vierge), le candidat peut s’inscrire au Registre national des traducteurs et interprètes jurés et prêter serment devant une juridiction.

Parcours pour devenir traducteur juré en Belgique

Autres spécialisations post-universitaires

D’autres parcours permettent de se démarquer sur un marché concurrentiel : certificats universitaires en traduction médicale, juridique ou technique, formations continues en intelligence artificielle appliquée à la traduction, masters complémentaires en terminologie, en localisation de logiciels ou en gestion de projets linguistiques.

Ces spécialisations répondent aux besoins spécifiques de secteurs d’activité où l’expertise pointue fait la différence.

Un éventail de formations pour tous les profils linguistiques

Comme vous pouvez le constater, les futurs traducteurs et interprètes ont l’embarras du choix en Belgique. Le pays a évolué parallèlement au marché de la traduction, qui pousse de plus en plus de jeunes passionnés des langues à choisir cette voie.

De nombreux traducteurs professionnels sortent chaque année de ces universités pour se lancer sur le marché belge et international, que ce soit au sein d’un bureau de traduction, des institutions européennes comme la Commission européenne ou le Parlement européen, ou en tant qu’indépendants.

Et vous, que pensez-vous de ces formations ? En connaissez-vous d’autres qui pourraient étoffer cette liste ? Votre avis nous intéresse. N’hésitez pas à nous contacter ou à poursuivre votre lecture sur notre blog.

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